Burn-out, détresse au travail

Amel Léger, thérapeute et coach, partage avec nous son expérience du Burn-out et son déclic pour reprendre sa vie en main.

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La maladie du lundi matin

« Quoi ? Tu ne la connais pas ? Oh que si… tu vas voir :

Le réveil sonne, pas encore conscient, tu te retournes dans ton lit, peut-être rêvais-tu? En tout cas une partie de toi essaye de te faire dormir davantage, car elle sait que ce qui vient après n’est pas plaisant. Mais le réveil te rattrape et soudain ça te frappe : on est lundi matin, il faut se lever, s’activer, se préparer, s’habiller, et filer au boulot !

Alors tes yeux se froncent, tes pas se font plus lourds, d’ailleurs tous tes gestes le sont, plus lourds, tes membres se trainent et se disent que peut-être ainsi ils n’auront pas à te porter à ton lieu de torture : ton travail. Mais ça y est ta routine est tellement bien installée que sans t’en rendre compte tu es déjà dehors, dans la rue, dans l’agitation du lundi matin. Tu n’es pas le seul à te rendre à ton travail, après tout les autres aussi sont dans cette situation désagréable, alors tu peux bien continuer.

Et tu as continué… te voilà maintenant dans le métro, ou derrière ton volant, ton guidon ou sur ta trottinette … et le trajet est une galère de plus dans ton quotidien : tu avances, peste que celui-là ne devrait pas traverser à cet endroit-là, et celui-ci aurait dû mettre son clignotant… Ou alors qu’une fois de plus tu n’as pas de place assise dans le métro, que tu n’as pas envie d’entendre la musique de ces gens du voyage, ou que la dame là t’a poussé.
Bref le monde est souvent contre toi le lundi matin. « 

burn out« Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burnout, combine une fatigue profonde, un désinvestissement de l’activité professionnelle, et un sentiment d’échec et d’incompétence dans le travail. Le syndrome d’épuisement professionnel est considéré comme le résultat d’un stress professionnel chronique (par exemple, lié à une surcharge de travail) : l’individu, ne parvenant pas à faire face aux exigences adaptatives de son environnement professionnel, voit son énergie, sa motivation et son estime de soi décliner. »
source Wikipédia

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Reconnaître les symptômes

Cette maladie du lundi matin je l’ai connue pendant ma première vie professionnelle, qui a duré près de 8 ans…
Mon premier burn-out est arrivé après avoir travaillé plus de 3 ans dans une entreprise.
A la période de mon anniversaire, j’ai dû partir à l’étranger pour présenter un projet à un client. Je n’ai pas été invitée à dire un mot pendant la réunion, le président monopolisant la parole. Donc un voyage pour rien. Pour ce jour symbolique, j’étais loin de chez moi, des miens. Ça m’a déprimée.

A mon retour je me suis vue, chez moi, incapable de faire quoi que ce soit. Je dormais. Je pleurais. Sans savoir pourquoi. Le lundi, j’ai fini par aller chez le médecin, qui m’a arrêtée deux semaines, le diagnostic de burn-out était posé.

En reprenant des forces, mes vieux rêves de trouver ce que j’appelais déjà ma « mission de vie » sont réapparus. Je savais que je n’étais pas à ma place dans cette entreprise, mais que faire ? J’ai donc repris le travail après trois semaines d’arrêt et enclenché un bilan de compétences.
Et le rythme infernal a recommencé.. Mon second burn-out, je l’ai fait six mois après. Il y a eu la mission de trop, avec des objectifs encore plus élevés et des efforts qui cette fois-ci me paraissaient insurmontables.

Une semaine tout d’abord, que j’ai passée à chercher un moyen juridique d’empêcher mon entreprise de me faire travailler dans ces conditions qui dépassaient le cadre de mon contrat, et de me protéger contre les pratiques de management qui ne me convenaient pas. Et puis, un jour, j’ai eu MON MOMENT : « Et après ? Et si j’allais au bout de ces démarches, je gagnerais certainement, dans plusieurs années… ok… Mais quoi ? Ça m’apporterait quoi, en fait ? » Je cherchais depuis toujours ce que j’appelais «ma mission de vie» et ces démarches, je le sentais, ne m’en rapprocheraient pas.

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Voilà, en un instant, j’ai changé de bataille… au lieu de me battre CONTRE eux, je me suis mise en campagne POUR moi…

Qu’est ce que j’aimerais faire de ma vie après tout ?… Et comme ça, aussi simplement, je me suis sentie libérée, et délestée d’un poids énorme ! J’allais partir à la conquête de ma vie ! Ma vie a mis plusieurs semaines avant de changer, mais quatre mois après ce jour et ce second burn-out, j’avais quitté mon travail et entamé des formations pour me créer une autre vie professionnelle.
Cinq ans ont passé : j’accompagne aujourd’hui les femmes vers une vie au travail qui puisse être à la fois épanouissante et rémunératrice.

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Exercice d’image sonore du burn-out, tendez l’oreille!

Le lundi matin règne une grande agitation au café : les clients commandent un café, la patronne passe un coup de balai , les employés se racontent leur week-end, on entend le brouhaha des voitures. Et quand on tend l’oreille, on perçoit une musique de fond.
Que vient-elle faire ici ?
Elle vient m’aider à illustrer le burn-out : au fond de nous, nous avons cette petite voix qui essaye de nous dire d’aller dans telle ou telle direction, de vivre telle ou telle expérience… mais nous ne l’entendons pas, comme cette musique, et pour cause : quelle activité dans ce café ! Il suffit pourtant d’un instant de silence pour qu’elle refasse surface.
J’aime accompagner les femmes à redécouvrir leur musique interne, pour que chacune puisse mieux «orchestrer sa vie. »

amelAmel Léger
Thérapeute et coach
www.lesailesdemoname.fr

source photo : blog-santeautravail

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