Désir d’enfant : quand l’Amour ne suffit pas

Beaucoup d’entre nous connaissent personnellement ou dans leur entourage certains problèmes liés à la fertilité lorsque le désir d’enfant se fait ressentir. Les couples traversant cette épreuve sont de plus en plus nombreux et parfois désorientés lorsqu’il s’agit de consulter un spécialiste. BEGIN MAG a eu envie d’en savoir plus et a rencontré un gynécologue pas tout à fait comme les autres. Le Docteur Didier Delafontaine, spécialisé en PMA (procréation médicalement assistée) à la clinique de La Muette à Paris, a une vision avant tout holistique et humaine de sa pratique. Pour nous, il rappelle quelques règles essentielles de la parentalité et du désir d’enfant et nous transmet sa propre méthode.

Faire l’amour souvent et se donner le temps

Le Dr Delafontaine nous rappelle une règle simple. Quand un homme et une femme ont envie de faire un enfant, la première chose est de faire l’amour! Trop de gens oublient parfois cette simple relation. Selon lui, l’agent thérapeutique le plus puissant est le temps. Si 100 couples viennent consulter au bout de 6 mois d’essai et on leur dit : « on ne fait rien, revenez dans 1 an », on a 64% de succès, sans aucune intervention médicale.

Plus on fait l’amour, plus le délai nécessaire pour concevoir est court.

Il faut bien comprendre la différence entre « infécondité » et « infertilité ». Aujourd’hui, 15% des couples souffrent d’infécondité. C’est-à-dire qu’ils n’arrivent pas à avoir d’enfant quand ils le désirent. Mais seulement 3% sont infertiles ou stériles. Ceux-là n’auront jamais d’enfants si la médecine n’intervient pas.
man-1783707_960_720Il n’y a pas de couples infertiles. Le couple peut être infécond avec un seul des deux individus infertile. Mais rien qu’à l’interrogatoire, si le couple explique par exemple qu’il essaye depuis 8 ans sans succès, on sait qu’on est face à quelque chose de majeur. L’interrogatoire est vraiment très important. Beaucoup de gynécologues ne demandent même pas à leurs patients combien de fois ils font l’amour par semaine et médicalisent tout de suite. En France, on a droit à 6 inséminations, et 4 FIV. « C’est l’autoroute de la PMA », nous dit le Dr Delafontaine, en ajoutant : « c’est très souvent contre-productif et ça coûte cher, ça détruit la vie sexuelle. C’est une dérive du système qui est affreuse. »

Commencez avant 35 ans

Les gynécologues et spécialistes de la fertilité ne le diront jamais assez : un paramètre des plus essentiels est l’âge de la femme. Les chances de concevoir diminuent avec l’âge. Cette découverte a été essentielle dès les années 80-85. C’est à partir de 35 ans environ que la fertilité diminue véritablement. Après 40 et encore plus 42 ans, les chances de concevoir deviennent plus minces.

Le Dr Delafontaine est très précis sur ce sujet : quand on a 25 ans, on se donne le temps. A 38 ans, on consulte au bout de 6 mois. Les personnes ayant eu recours à des traitements lourds (anti-cancer par exemple) doivent eux, consulter rapidement.

Environnement et hygiène de vie

Dans son cheminement, le Dr Delafontaine a intégré au fur et à mesure de son propre développement, un certain nombre de paramètres ayant trait à l’environnement et l’hygiène de vie. Il est intraitable sur ses patientes fumeuses : « Si une femme est fumeuse, je ne m’en occupe pas. Elle doit impérativement arrêter, c’est non négociable. »

Une femme en insuffisance ovarienne qui arrête de fumer double ses chances de succès.

Du côté des hommes, il met en avant l’impact des perturbateurs endocriniens comme les traitements contre la calvitie ou le caractère délétère de la marijuana sur la qualité du sperme.

environmental-protection-326923_960_720Mais il va plus loin et interroge les couples sur des paramètres parfois moins visibles. Il aime commencer par faire une étude chez le couple avec l’aide de Catherine Louis de No Toxic attitude. Cette experte en santé environnementale fait le tri dans les produits d’entretien et autres ustensiles de cuisine afin de limiter les dégâts. Saviez-vous par exemple que la durée de vie d’une poêle est de deux ans? Lorsque ces ustensiles sont dégradés, ils sont toxiques et peuvent perturber les cycles naturels. Il propose également à ses patientes une consultation en naturopathie avec Christine Auneau : celle-ci vérifie le niveau de métaux lourds et d’oligo-éléments, en particulier le zinc. Tout cela se fait en amont, c’est une façon de commencer un peu en douceur mais en profondeur sans être encore dans les examens sophistiqués.

Causes psychologiques, médecines alternatives, approche intégrée

Dans le désir d’enfant, il y a en fait deux désirs : cet embryon qui va s’incarner est cet aboutissement. Les deux dans le couple le veulent-ils vraiment? « Je suis persuadé que les causes psychologiques à la difficulté à procréer existent. En voici un exemple : un couple me consulte en me demandant de leur faire une FIV. Je commence à les interroger, et je m’aperçois que le couple vit chez les parents du monsieur. Les examens sont dans la norme. Je ne trouve de cause évidente ni à l’interrogatoire, ni à l’examen. C’est alors que la femme me dit « ma belle-mère me considère comme sa fille! ». Sans réfléchir, mes tripes parlent et je m’entends lui répondre : « c’est donc que votre mari est votre frère! ». Ils sont atterrés que j’ose leur dire ça. Mon ordonnance est la suivante : « Trouvez une maison pour vous deux. Faites-moi confiance. » Ils m’ont écouté et 3 mois après elle était enceinte. »

pregnant-woman-1741636_960_720Le mentor du Dr Delafontaine est Jean Cohen, un des gynécologues les plus connus à Paris dans les années 80. Son rêve était de faire un palais de la femme avec toutes les disciplines pour s’occuper de la femme. Le rêve de Didier Delafontaine était d’ouvrir un centre intégré avec toutes les disciplines qui peuvent concourir à traiter non pas la femme uniquement, mais le couple. C’est ainsi qu’il a, assez tôt, travaillé avec des psys. Depuis 15 ans, il a aussi intégré le Feng Shui et l’astrologie chinoise. Avec Marie-Pierre Dillenseger, ils ont commencé par tester la pertinence de la recherche de fenêtres d’opportunités temporelles énergétiques sur 5 couples des plus difficiles. 3 bébés sont nés suite à cette intervention.

Je ne le fais pas systématiquement mais quand je sens qu’il y a une certaine ouverture par rapport aux médecines alternatives et aux choses moins classiques, je propose.

« Je pense que ce sont les enfants qui choisissent leurs parents », nous souffle Didier Delafontaine. Il parle de cette patiente qu’il suit depuis 4 mois. Il vient d’apprendre que lorsqu’elle était dans le ventre de sa mère, sa grand-mère maternelle est décédée. « Elle a d’autres causes qui posent problème mais je sens que c’est un élément psychologique et psycho-généalogique qui pourrait être un frein. Je l’ai aiguillée vers une prise en charge psychologique. »

Didier Delafontaine estime qu’on ne peut pas faire l’économie de connaître son histoire familiale, le roman parental. En astrologie chinoise par exemple, Marie-Pierre Dillenseger lève les secrets de famille et trouve des choses différentes de ce que trouveraient des psys, des choses très enfouies.

Les secrets de famille, quand ça remonte, c’est déjà un accouchement, c’est libérateur, c’est une porte qui s’ouvre.

Une expérience humaine atypique

20161012_194309Didier Delafontaine préfère parler de sa pratique plutôt que de lui. C’est tout à son honneur. Et quand on demande à cet homme discret comment il se définit, voici sa réponse : « je suis un intermédiaire entre l’Univers et le couple, un passeur, un facilitateur. Il faut beaucoup d’humilité par rapport à la force de la Vie, la nature. J’ai eu un certain nombre de couples quand j’étais jeune où je pensais que ce serait impossible et ils y sont arrivés tous seuls. On voit aussi beaucoup de couples chez qui on a fait 4 FIV et une grossesse spontanée arrive! »
Parce qu’il essaie aussi de laisser la place à l’intuition, et de ne pas être un ordinateur, il est différent de ses confrères. Ce qu’il fait et comment il le fait, est aussi une partie de son histoire. « Il n’empêche que la médecine doit être parfaite et qu’il faut être aussi rigoureux dans un sens que dans l’autre », ajoute t-il.

Enfin, le message qu’il souhaite passer aux couples en difficulté, c’est de rester positif et de se concentrer sur ce que l’on a, plutôt que sur ce que l’on n’a pas (pas assez d’ovocytes, d’embryons…).

Si l’Univers vient chercher un couple sur des problèmes de reproduction, on peut essayer de donner du sens à cela. On peut transformer cela.

 

Les praticiens autour de Didier Delafontaine :

Psychologie : Joëlle Aziz Pignon et Marlène Besançon

Conseil en santé environnementale : Catherine Louis

Naturopathie : Christine Auneau

Acupuncture : Dr Michel Frey

Feng Shui et astrologie chinoise : Marie-Pierre Dillenseger

Psycho-astrologie : Sophie Keller

Sage-femme, thérapeute en Ayurveda : Véronique de la Cochetière

 

 

 

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